Aujourd’hui je vous propose de continuer le thème des poupées russes. Après avoir écrit l’article sur la première poupée russe, je me suis posée la question:
Pourquoi les poupées russes sont tellement différentes ?
C’est ainsi en me posant plein de questions que j’ai préparé cet article qui nous aide à comprendre et à savoir plus sur les poupées-gigognes.
Il n’est pas inutile de se rappeler que la première Matriochka est apparue vers 1890 à Moscou en tant qu’un jouet éducatif pour les enfants. (Son rôle initial commence à revenir actuellement après avoir battu les records en tant que souvenir en provenance de l’URSS puis de Russie) .
Les Matriochkas de Sergiev Posad
Le premier centre de fabrication des poupées russes devient Sergiev Posad.
C’est une ville historique très ancienne à 73 km de Moscou connue par ses églises, son monastère et la fabrication des jouets en bois peint. Actuellement cette ville a ouvert le Musée de Matriochka où se trouve éventuellement la première poupée de Malyutin et beaucoup d’autres qui datent de la même époque.
C’est dans cette petite ville que les artisans ont su gardé le physique initial de la première poupée à sujet de Malyutin.
Initialement elle était peinte à la gouache et finit au vernis à l’huile qui lui donne un aspect mat proche à un jouet ancien.
Son visage est dessiné sur le bois sans la peinture de fond. Le nez en deux petits points, la petite bouche en forme du cœur.
Habillée en costume traditionnel quotidien des paysans elle tient obligatoirement un objet dans les mains (un coq comme la première poupée, un panier avec des baies, une bourse ou un mouchoir). Elle tient à ses 3-4 couleurs préférées : jaune, rouge, bleu et vert.
Les proportions sont devenues stables ½ vers 1920-1930. Plusieurs villes russes ont développées leur propre style d’une poupée russe dont la première et la plus ancienne reste celle de Sergiev Posad.
Les Matriochkas de Semenov
Un autre centre importante de la fabrication des poupées russes devient la ville de Semenov (la région de Nijniy Novgorod).
Ici on la peint par dessus du fond amidonné avec la peinture à l’aniline contourné du noir. Le visage est dessiné par le contour noir: des yeux, de deux points pour le nez et la bouche en forme du cœur.
Même si elle garde le châle russe sur sa tête, elle n’est plus habillé en costume traditionnel russe.
Son sarafane et son tablier sont remplacés par les fleurs qu’on reconnaît par leurs couleurs flamboyantes rouge et jaune. Celle-ci était un souvenir incontournable dans les années 1950-1970.
Il ne faut pas oublié que la ville de Semenov est le centre de la peinture de Khokhloma. La fabrication des poupées gigognes y devient l’artisanat numéro deux.
Les Matriochkas de Maydan
Polkhov Maydan est encore une petite ville dans la région de Nijniy Novgorod.
Leurs poupées russes sont vite reconnaissables par une branche avec une fleur de l’églantier sur le ventre, plusieurs feuilles et quelques boutons semi-ouvrets.
La décoration de cette poupée commence par l’application de l’encre de Chine sur le contour, ensuite on amidonne la surface et là, on la peint en couleurs.
A la fin, on applique en 2-3 couches le vernis transparents.
Sa forme est plus prolongée.
La poupée gigogne de Vyatka
Vyatka est une région Nord de la Russie. Leurs poupées russes deviennent connues dans les années 1960.
Cette région était toujours célèbre par son artisanat d’estampe en écorce de bouleau et la tille.
La poupée russe de Vyatka est non seulement peinte par la peinture à l’aniline mais décorée par la fine paille de seigle.
Cette méthode était nouvelle dans la décoration de la poupée russe. La paille était cuite avec du bicarbonate qui lui apportait une jolie couleur du sable. Ensuite elle était coupée et collée en formant un motif désiré.
La poupée de la ville de Tver
La Matriochka de Tver représente souvent un personnage historique ou le sujet des contes populaires russes.
C’est un exemple du vrai jouet éducatif.
En ouvrant chaque des poupées on raconte un conte, une histoire.
Les poupées des créateurs
C’est une tendance qui apparaît à la fin de la siècle dernière. Peu importe dans quelle ville elle est créée, ce qui compte c’est l’imagination personnelle et le savoir-faire. Ce sont les poupées aux sujets différents : un dessin animé, portrait, personnes politiques.
Intéressant à savoir : les plus grandes poupées russes sont créées par le peintre Boris Krasnov.
Certaines font jusqu’à 30 mètres de haut et elles sont exposées dans le centre commercial Afimoll à Moscou. Le peintre les a décorées dans les styles de peintures traditionnelles russes : Gjel, Khokhloma, la peinture de Gorodets, et avec des scènes des contes populaires russes.
Pour finir une petite astuce pour choisir une poupée russe de qualité: regarder en premier la toute dernière.
Si elle est peinte avec le même soin que la première, le peintre n’a pas négligé son travail.
Amicalement,
Natalia.

A propos de Natalia Lagoguey
Après avoir enseigné le français en Russie, travaillé comme secrétaire-interprète à l'ambassade belge de Moscou, mis ses compétences aux services de plusieurs sociétés françaises, Natalia a décidé de partager ses connaissances de l'artisanat slave en général et russe en particulier. Ceci via son blog mais également via son pavillon russe ( www.costumerusse.kingeshop.com/ ) ou vous verrez, entre autre, ses créations et des expositions sur le terrain (Marchés, salons, foires...).
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Je me rappelle avoir joué quand j’étais petit de longues heures avec les matriochkas que ma mère possédait, et j’aimais beaucoup. Par contre je n’avais pas remarqué qu’elles tenaient effectivement quelque chose dans leurs mains. J’aime beaucoup celles qui représentent des chats, elles sont très originales.
Bonjour, Fred. Ce n’est pas une règle que les matriochkas doivent tenir quelque chose dans leurs mains. Mais c’était le cas des toutes premières des poupées russes.
Bon site ! Je le recommande fortement ! Merci ! PS : Je reviendrai