Plongez dans l'univers coloré et symbolique du costume traditionnel russe à travers un lexique détaillé de 50 termes essentiels. De la rubakha au kokochnik, du sarafane au kaftan, découvrez l'étymologie slave de ces vêtements, leurs significations culturelles et leurs variations régionales à travers les siècles.

Temps de lecture : 15 minutes | Publié le 28 juin 2026

Le costume traditionnel russe, appelé народный костюм (narodny kostyum, "vêtement populaire"), est bien plus qu'un simple assemblage de tissus et de broderies. C'est une véritable encyclopédie vivante de l'histoire slave, où chaque pli, chaque couleur et chaque motif raconte une histoire millénaire. Ce lexique exhaustif vous propose de décrypter les 50 termes essentiels pour appréhender la richesse vestimentaire de la Russie ancienne et moderne.

Que vous soyez passionné d'histoire, couturier, étudiant en slavistique ou simplement curieux des traditions slaves, ce guide vous permettra de naviguer avec aisance dans le vocabulaire technique de la рубаха (rubakha, chemise traditionnelle), du сарафан (sarafan, robe portefeuille) ou encore du кокошник (kokochnik, coiffe festive). Nous avons organisé les termes par catégories thématiques pour faciliter votre exploration : vêtements féminins et masculins d'abord, puis coiffes et ornements de tête, accessoires et bijoux, enfin matières et textiles.

Pour aller plus loin dans votre compréhension de cette culture vestimentaire, nous vous invitons à consulter notre article sur l'histoire du costume russe qui retrace son évolution depuis les tribues slaves jusqu'à nos jours. Ce lexique s'accompagne également de liens vers des ressources spécialisées comme les motifs emblématiques de broderie russe et la kosovorotka en détail, ces éléments étant indissociables de la compréhension globale du costume traditionnel.

Pour les linguistes et les passionnés de langues slaves, nous recommandons ce site apprendre le vocabulaire russe lié aux traditions culturelles qui propose des ressources complémentaires pour approfondir votre maîtrise des termes présentés ici.

Vêtements féminins

La garde-robe féminine traditionnelle russe reflète à la fois le statut social de la femme, la saison et l'occasion (quotidienne, festive ou rituelle). Ces vêtements, souvent richement ornés de broderies géométriques ou florales, utilisent des techniques de couture spécifiques et des coupes adaptées au climat rigoureux des plaines slaves.

Sarafane / Сарафан
Longue robe-chemise sans manches, portée par-dessus une рубаха (rubakha), typique des régions de Russie centrale et du nord. Le sarafan se décline en deux versions principales : le прямой (kosoklinnyi) à jupe droite et le косоклинный (kosoklinnyi) évasé latéralement. Les plus anciens modèles, apparus au XIIᵉ siècle, étaient en лен (lin) ou en laine, tandis que les versions riches du XVIIIᵉ siècle arboraient des tissus de soie ou de brocart. Les broderies rouges ou noires sur le décolleté et les manches suivaient souvent des motifs de protection (обереги).
Rubakha féminine / Рубаха (женская)
Chemise longue en lin ou en coton, souvent blanche ou écrue, portée comme sous-vêtement ou vêtement de base par les femmes russes depuis l'époque païenne. La rubakha féminine se distingue par ses manches étroites et son col droit ou légèrement arrondi. Les manches étaient parfois brodées aux poignets de motifs symboliques comme le soleil ou la terre. Au XIXᵉ siècle, les rubakhas des paysannes étaient renforcées aux coudes avec des pièces de tissu coloré, appelées заплатки (zaplatki).
Poneva / Понева
Jupe-culotte en laine ou en coton, portée par les femmes mariées dans les régions slaves du sud (notamment en Ukraine et dans le sud de la Russie actuelle). La poneva était généralement en tissu rayé ou à motifs géométriques, attachée à la taille par une corde ou une ceinture (поясок). Contrairement au sarafan qui se portait ouvert, la poneva enveloppait les jambes comme un pantalon large. Au XIXᵉ siècle, elle était souvent associée à une veste courte appelée душегрея.
Dushegreya / Душегрея
Veste courte et chaude, généralement en laine ou en fourrure, portée par-dessus la rubakha et la poneva par les femmes russes des régions froides comme la Sibérie ou le nord de l'Europe. Son nom vient de душа (âme) et греть (réchauffer), soulignant sa fonction protectrice. La dushegreya se fermait sur le devant avec des boutons ou des lacets et était souvent ornée de fourrure au col et aux manches. Les versions festives étaient brodées de fils dorés ou argentés.
Letnik / Летник
Robe d'été en soie ou en mousseline, portée par les femmes nobles russes aux XVIᵉ-XVIIᵉ siècles. Le letnik se caractérisait par des manches larges et un corsage ajusté, inspiré des modes polonaise et byzantine. Ce vêtement, souvent de couleur claire (blanc, bleu pastel ou rose), était porté lors des fêtes ou des audiences impériales. Son nom dérive de лето (été), bien qu'il fût aussi utilisé en hiver dans les versions doublées. Les letniki des tsarines étaient somptueusement brodés de perles et de pierres précieuses.
Kosoklinnyi sarafan / Косоклинный сарафан
Variante du sarafan dont la jupe est taillée en plusieurs panneaux triangulaires (клинья) cousus ensemble, créant un effet évasé. Ce modèle, popularisé au XVIIIᵉ siècle, permettait une plus grande liberté de mouvement tout en conservant une silhouette féminine. Les kosoklinnyi sarafany étaient souvent fabriqués en шёлк (soie) pour les classes aisées ou en coton pour les paysannes. Les versions festives arboraient des broderies en or ou en argent sur les panneaux avant.
Epanechka / Епанча
Manteau sans manches, souvent en laine épaisse ou en feutre, porté par les femmes russes des régions froides. L'epanechka se fermait généralement par devant avec une agrafe ou une ceinture, et pouvait être doublée de fourrure. Son nom vient du vieux slave опона (couvre-chef). Dans les contes slaves, l'epanechka était parfois associée aux sorcières ou aux fées, symbolisant à la fois protection et mystère. Les versions modernes sont encore portées dans certaines régions rurales.
Navershnik / Навершник
Coiffe féminine en forme de bandeau rigide, souvent en feutre ou en bois recouvert de tissu, portée par les femmes mariées dans le nord de la Russie. Le navershnik était généralement noir ou rouge et se portait avec un сорока (sorokha) ou une кика (kika). Son nom vient de навершие (sommet), faisant référence à sa forme qui couvrait le haut du front. Les navershniks les plus anciens étaient décorés de perles ou de pièces de monnaie.
Teloreya / Телорея
Robe longue et ajustée, portée par les femmes de la noblesse russe aux XVIᵉ-XVIIIᵉ siècles, inspirée des costumes byzantins et polonais. La teloreya se fermait sur le devant avec des boutons ou des lacets et était souvent en soie ou en brocart. Son nom dérive du grec θώραξ (thorax), soulignant sa coupe près du corps. Les teloreyas étaient portées avec une ceinture large et des bijoux en or, et étaient souvent représentées dans les portraits de la cour des Romanov.
Zapona (tablier) / Запона
Tablier sans manches, porté par-dessus la rubakha pour protéger le vêtement de base lors des travaux ménagers ou agricoles. La zapona pouvait être en lin, en coton ou en laine, et se nouait à la taille avec des rubans. Dans certaines régions, elle était brodée de motifs protecteurs (обереги) au niveau de la poitrine. Les zapony des fêtes étaient souvent en tissu coloré et ornées de dentelle. Ce vêtement est encore porté aujourd'hui dans les reconstitutions historiques.
Ponevitsa / Поневица
Jupon porté sous la poneva ou le sarafan par les femmes russes pour donner du volume à la silhouette. La ponevitsa était généralement en lin ou en coton, et pouvait être simple ou plissée. Dans les régions du sud, elle était parfois teinte en rouge, une couleur associée à la fertilité dans le folklore slave. Les ponévitsy des fêtes étaient brodées de fils dorés ou argentés sur les ourlets.
Sorokha / Сорока
Coiffe traditionnelle portée par les femmes mariées dans le nord et le centre de la Russie, composée d'un bonnet rigide (кичка) et d'un voile appelé подзатыльник. Le sorokha était souvent noir ou rouge et se portait avec une налобник (nalobnik) pour cacher les cheveux. Son nom vient de сорок (quarante), en référence aux quarante coutures traditionnelles qui le composaient. Ce couvre-chef symbolisait la modestie et le statut marital.
Kikka / Кика
Ancêtre slave de la coiffe féminine, le kikka était une sorte de bonnet rigide en feutre ou en cuir, porté par les femmes en Europe de l'Est dès le Moyen Âge. Il évolua plus tard en сорока ou en кокошник selon les régions. Le kikka était souvent orné de pièces de monnaie ou de perles, et pouvait être décoré de plumes ou de rubans. Dans le folklore, la kikka était associée aux déesses slaves comme Мокошь (Mokosh), déesse de la fertilité.
Shapka féminine / Шапка (женская)
Bonnet en laine ou en fourrure, souvent rond et sans bord, porté par les femmes russes en hiver ou lors des fêtes. La shapka féminine se distinguait par sa simplicité et sa fonction pratique, bien que les versions nobles fussent brodées ou ornées de fourrure précieuse. Dans certaines régions, comme la Sibérie, ces bonnets étaient fabriqués en peau de renne et portaient des motifs symboliques. Ils étaient souvent assortis aux рукавицы (gants) en hiver.
Kabat / Кафтан
Longue veste d'extérieur en laine ou en fourrure, portée par les femmes Voici les sections manquantes en HTML valide avec un contenu optimisé SEO :

Vêtements masculins

Kosovorotka (рубаха с косым воротом)
La kosovorotka est la chemise traditionnelle masculine russe reconnaissable à son col décalé et asymétrique. Cette pièce emblématique du costume paysan, appelée aussi "chemise à col russe", se porte avec la pointe du col rabattue sur le côté gauche. Fabriquée en lin ou en coton pour les versions courantes, elle se pare de broderies géométriques rouges ou noires sur les manches, l'encolure et le bas. Portée à la fois comme vêtement de travail et comme tenue de cérémonie, la kosovorotka symbolise l'identité slave. Ses variantes régionales incluent des longueurs différentes et des motifs spécifiques aux zones de production.
Kaftan (кафтан)
Le kaftan est un manteau long et somptueux réservé aux occasions solennelles dans la Russie impériale. D'origine orientale (perse puis turque), il fut adopté par l'aristocratie russe à partir du XVIIe siècle. Ce vêtement d'apparat en soie ou en brocart, souvent brodé d'or et d'argent, se ferme par une rangée de boutons ou de cordons. Les manches larges et les coupes ajustées au corps en font une pièce distinctive. Porté par les tsars et les boyards, le kaftan incarnait le pouvoir et le prestige. Aujourd'hui, il est surtout visible lors des reconstitutions historiques.
Zipoun (зипун)
Le zipoun est une veste courte et droite, caractéristique du costume paysan russe des XVIIIe et XIXe siècles. Ce vêtement de travail, souvent en laine brute ou en toile épaisse, se distingue par son absence de col et ses manches étroites. Fermé par des boutons simples ou des lacets, il protégeait les paysans des rigueurs climatiques. Le zipoun était généralement porté par-dessus la rubakha (chemise) et sous une svita ou un opashen. Les versions festives pouvaient être ornées de broderies ou de motifs colorés. Ce terme dérive probablement du polonais "zupan".
Svita (свита)
La svita est un manteau court à boutonnage croisé, emblématique du costume traditionnel russe masculin. Ce vêtement d'hiver, souvent en laine épaisse ou en peau retournée, se caractérise par sa forme enveloppante et son col haut. La svita était portée par les paysans et les marchands, avec des variantes régionales dans les motifs et les couleurs. Les versions les plus élaborées pouvaient être doublées de fourrure ou garnies de broderies. Ce terme, d'origine slave, désigne à l'origine un vêtement de voyage ou de protection contre le froid. La svita fut progressivement remplacée par le caftan dans les classes aisées.
Opashen (опашень)
L'opashen est un manteau ample et ouvert, typique des costumes masculins russes du XVIIe siècle. Ce vêtement d'apparat, inspiré des modèles orientaux, se reconnaissait à ses manches larges et son absence de fermeture frontale. Porté par les boyards et les marchands aisés, l'opashen était souvent en soie ou en velours richement brodé. Sa coupe flottante permettait une grande liberté de mouvement. Ce terme, dérivé du polonais "opasz", désignait initialement une ceinture large avant de désigner le manteau lui-même. L'opashen a fortement influencé le développement du caftan russe.
Zupan (жупан)
Le zupan est une veste ajustée et élégante, portée par les hommes des classes supérieures à partir du XVIe siècle. Ce vêtement de soie ou de brocart, souvent doublé de fourrure, se distinguait par sa coupe cintrée et ses manches étroites. Fermé par des boutons ou des crochets, le zupan était porté avec une ceinture pour accentuer la silhouette. Ce terme polonais ("żupan") désignait à l'origine une veste de chambre avant d'évoluer vers un vêtement de parade. Le zupan fut progressivement remplacé par la redingote à l'européanisation des costumes russes.
Rubakha masculine (рубаха мужская)
La rubakha masculine est la chemise de base du costume traditionnel russe, portée par les hommes de toutes les classes sociales. Ce vêtement en lin blanc (lyonok), plus rarement en coton ou en soie pour les versions riches, se caractérise par sa coupe ample et ses manches longues. La rubakha se porte toujours à l'extérieur du pantalon, avec la ceinture (poyasok) nouée à la taille. Les versions paysannes étaient souvent ornées de broderies rouges sur les emmanchures et l'encolure. Ce vêtement de travail est devenu un symbole de l'identité russe, avec des variantes régionales comme la kosovorotka.
Portyanki (портянки)
Les portyanki sont des bandes de tissu utilisées pour envelopper les pieds avant de chausser des lapti ou des sapogi. Ces bandes en lin ou en laine, longues de 80 cm à 1 mètre, se portent enroulées autour du pied et de la cheville. Les portyanki servaient à protéger les pieds de l'humidité et des frottements tout en permettant une meilleure isolation thermique. Leur technique d'enroulement variait selon les régions. Aujourd'hui, les portyanki sont surtout connues grâce aux reconstitutions historiques, bien que certains randonneurs modernes les utilisent encore pour leur confort.
Lapti (лапти)
Les lapti sont des sandales traditionnelles russes fabriquées en écorce de bouleau ou de tilleul. Ces chaussures légères et aérées étaient les chaussures paysannes par excellence du XIXe siècle. Leur fabrication artisanale consistait à tresser des lanières d'écorce en forme de semelle et de brides. Les lapti étaient portés avec des portyanki et pouvaient durer plusieurs mois. Leur design simple et leur matériau naturel en faisaient un symbole de l'artisanat russe. Aujourd'hui, les lapti sont surtout des objets de collection ou des pièces de musées, bien que certains artisans perpétuent leur fabrication.
Sapogi (сапоги)
Les sapogi sont des bottes en cuir traditionnelles russes, portées par les hommes et les femmes de toutes les classes sociales. Ces bottes hautes, souvent noires ou marron, se distinguent par leur tige rigide et leur talon légèrement incliné. Les sapogi paysans étaient en cuir brut, tandis que les versions bourgeoises ou impériales pouvaient être en cuir verni ou décorées de broderies. Portées avec des pantalons ou des rubakhi, elles protégeaient efficacement contre le froid et l'humidité. Les sapogi restent aujourd'hui un élément du costume traditionnel lors des fêtes folkloriques.
Shapka masculine (шапка мужская)
La shapka masculine désigne tout bonnet de fourrure porté par les hommes russes, avec des variantes selon les régions et les saisons. Le modèle le plus emblématique est la ushanka (à oreillettes rabattables), popularisée au XIXe siècle. D'autres versions incluent la koltushka (bonnet conique) ou la malakhay (chapeau de feutre avec bord large). Ces coiffes en fourrure de renard, de lièvre ou de mouton protégeaient efficacement du froid sibérien. La shapka masculine est devenue un symbole de la Russie, souvent associée aux Cosaques et aux paysans du Nord.
Polushubok (полушубок)
Le polushubok est un manteau de fourrure mi-long, porté aussi bien par les hommes que par les femmes dans la Russie traditionnelle. Ce vêtement d'hiver, généralement en peau de mouton retournée ou en agneau, descend jusqu'aux genoux et se ferme par une ceinture. Le polushubok se distingue par sa doublure chaude et sa capuche intégrée. Les versions riches pouvaient être en zibeline ou en écureuil, tandis que les modèles paysans utilisaient des peaux moins nobles. Ce terme signifie littéralement "demi-fourrure", par opposition au shub (manteau long en fourrure complète).

Coiffes et ornements de tête

Kokochnik (кокошник)
Le kokochnik est la coiffe féminine traditionnelle russe la plus emblématique, reconnaissable à sa forme semi-circulaire rigide ornée de perles et de broderies. Porté par les jeunes filles et les femmes mariées lors des fêtes, ce couvre-chef symbolise la pureté et le statut marital. Le kokochnik était fabriqué en carton, en bois léger ou en métal recouvert de tissu, avec des variantes régionales dans les motifs et les couleurs. Les versions les plus élaborées pouvaient coûter l'équivalent d'une vache au XIXe siècle ! Aujourd'hui, il reste un symbole de la culture slave, notamment lors des mariages traditionnels.
Coiffes traditionnelles russes kokochnik kika povoynik
Kika (кика)
La kika est une coiffe nuptiale traditionnelle portée par les femmes mariées en Russie du Nord, notamment dans les régions de Veliky Novgorod et Vologda. Cette coiffe rigide en bois de cerf ou en métal, recouverte de tissu ou de perles, se porte sur un povoynik (bonnet de dessous). La kika se distingue par sa forme de demi-cercle ou de croissant, souvent ornée de motifs géométriques. Ce couvre-chef symbolisait la transition de l'état de jeune fille à celui de femme mariée. Les kikas les plus anciennes datent du XVIe siècle et sont aujourd'hui des pièces de musée.
Povoynik (повойник)
Le povoynik est un bonnet de tissu porté sous la coiffe principale (comme la kika ou le kokochnik) par les femmes mariées en Russie. Ce bonnet en lin ou en soie, souvent blanc mais parfois coloré, se porte serré autour de la tête et noué sous le menton. Le povoynik servait de base pour fixer les coiffes rigides et maintenait les cheveux en place. Les versions festives pouvaient être brodées de fils d'or ou d'argent. Ce terme vient du verbe russe "povyvat" (envelopper), reflétant sa fonction protectrice et pratique.
Kichka (кичка)
La kichka est une coiffe féminine rigide et convexe, portée par les femmes mariées dans certaines régions de Russie (notamment en Sibérie et en Russie centrale). Cette coiffe en bois, en métal ou en carton recouvert de tissu, se distingue par sa forme bombée et ses décorations complexes. La kichka était souvent ornée de perles, de pièces de monnaie et de broderies symbolisant la prospérité. Portée avec un voile (zabramok) pour cacher les cheveux, elle indiquait le statut marital de la femme. Les kichkas les plus anciennes datent du XVIIIe siècle.
Sbornik (сборник)
Le sbornik est une coiffe féminine froncée typique du Nord de la Russie, notamment dans les régions d'Arkhangelsk et Vologda. Ce bonnet en tissu (lin, soie ou velours) se caractérise par sa forme conique et ses plis froncés. Le sbornik était souvent porté par les jeunes filles et les femmes mariées lors des fêtes, avec des variantes selon l'âge et le statut marital. Les versions riches pouvaient être brodées de fils d'or ou garnies de perles. Ce terme vient du verbe "sobirat" (recueillir), faisant référence aux plis du tissu. Le sbornik était généralement maintenu en place par des rubans noués sous

Pour aller plus loin

Questions fréquentes

Quelle est la différence entre une kosovorotka et une rubakha ?

La kosovorotka est une chemise traditionnelle russe reconnaissable à son col asymétrique, généralement boutonné sur le côté gauche (parfois droit selon les régions). Elle se porte avec un pantalon ou une jupe, souvent en lin ou en coton pour les versions d'été et en laine pour l'hiver. La rubakha, en revanche, est un terme plus large désignant une chemise longue, souvent portée par-dessus un pantalon ou une jupe, avec des manches longues et parfois un col droit. Contrairement à la kosovorotka, la rubakha n'a pas de spécificité de boutonnage et peut être plus ajustée ou ample selon les régions et les époques. Les deux sont des pièces maîtresses du costume traditionnel russe, mais la kosovorotka est plus emblématique des régions centrales, tandis que la rubakha est répandue dans tout l'espace slave.

Le sarafane est-il uniquement porté par les Russes ?

Non, le sarafane n'est pas exclusif aux Russes. Ce vêtement long et sans manches, souvent porté avec une blouse ou une chemise, est également emblématique des cultures slaves orientales, notamment ukrainiennes (où il est appelé "vyshyvanka" lorsqu'il est brodé) et biélorusses. En Russie, il est surtout associé aux régions de la Russie centrale et du Nord, comme en témoignent les costumes traditionnels de la Volga ou de l'Arkhangelsk. En Ukraine, le sarafane est un symbole national, souvent richement orné de motifs brodés, tandis qu'en Biélorussie, il peut être plus sobre. Chaque pays a ses propres variations, mais l'origine commune slave du sarafane est indéniable, faisant de ce vêtement un élément culturel partagé dans toute l'Europe de l'Est.

Qu'est-ce que le kokochnik et comment le distinguer du kika ?

Le kokochnik est une coiffe féminine traditionnelle russe, apparue au Moyen Âge, composée d'une bande de tissu rigide ou de métal décorée de perles, de broderies et parfois de pierres précieuses. Sa forme semi-circulaire ou en croissant rappelle une couronne, et il se porte souvent avec une voilette ou un foulard. Le kika, quant à lui, est une coiffe ukrainienne similaire, mais généralement plus haute et plus conique, souvent en feutre ou en cuir, et ornée de perles ou de motifs géométriques. Contrairement au kokochnik, le kika est parfois associé à des rituels matrimoniaux. Les deux coiffes sont des symboles de statut social et de richesse, mais leur origine et leur style distincts reflètent les différences culturelles entre la Russie et l'Ukraine.

Les termes du costume russe sont-ils d'origine slave ou orientale ?

Les termes du costume russe sont un mélange d'influences slaves et orientales, reflétant l'histoire complexe du pays. Les bases du costume traditionnel, comme la rubakha ou le sarafane, sont d'origine slave, avec des techniques de tissage et de broderie remontant à l'époque préchrétienne. Cependant, à partir du VIIe siècle, les échanges avec les peuples turcs, mongols et perses ont introduit des éléments comme les motifs géométriques, les couleurs vives ou les techniques de feutrage, visibles dans des pièces comme le khalat (robe longue) ou certaines coiffes. L'influence orientale est particulièrement marquée dans les régions du Sud et de l'Est de la Russie, où les costumes intègrent des éléments asiatiques, comme les ceintures larges ou les broderies en soie.

Où apprendre à broder les motifs qui ornent le costume russe ?

Pour apprendre à broder les motifs traditionnels du costume russe, plusieurs options s'offrent à vous. Les écoles d'art et de métiers d'art en Russie, comme l'Académie Stroganov à Moscou ou l'École de broderie de Saint-Pétersbourg, proposent des formations spécialisées dans les techniques slaves, comme la vyshivka (broderie) au point de croix, au fil tiré ou aux rubans. En France et en Belgique, des associations culturelles slaves, comme les cercles folkloriques russes ou ukrainiens, organisent des ateliers ouverts au public. Enfin, des plateformes en ligne comme YouTube ou des cours de langue russe (ex : langue-russe.fr) proposent des tutoriels détaillés pour maîtriser les motifs spécifiques, comme la "gjel" (céramique bleue et blanche) ou les symboles slaves (arbres de vie, oiseaux).

Pour approfondir vos connaissances sur un élément clé du costume russe, découvrez notre analyse détaillée de la kosovorotka. Si vous souhaitez explorer le vocabulaire russe lié à ces traditions, consultez le site langue-russe.fr pour des ressources linguistiques et culturelles enrichissantes.