Temps de lecture : 11 minutes | Mis à jour le 18 mars 2026

Résumé : De la kosovorotka brodée au kaftan bordé de fourrure, le costume masculin russe raconte des siècles d'histoire. Ce guide détaillé chaque pièce, explore les différences entre costume paysan et costume de cour, et vous donne les clés pour confectionner votre propre tenue traditionnelle. Pour approfondir : Tenue traditionnelle russe homme : guide complet 2026.

Pour une analyse complète de chaque vêtement, consultez notre guide détaillé pièce par pièce : kosovorotka, chapan, ceinture de lin et bottes d'apparat. Pour approfondir : La kosovorotka : chemise russe homme, histoire et achat.

L'élégance du costume masculin russe

Il existe dans le vestiaire traditionnel russe une noblesse que l'on ne soupçonne pas toujours. Quand on évoque le costume russe, les images qui surgissent sont souvent féminines : le sarafane écarlate, le kokochnik paré de perles, le châle fleuri. Pourtant, le costume masculin possède une richesse et une profondeur tout aussi remarquables. C'est un monde de lin blanc et de broderies rouges, de ceintures tissées et de bottes de cuir, de fourrures et de brocarts qui racontent, mieux que n'importe quel livre d'histoire, ce que furent les hommes russes à travers les siècles.

Le vêtement masculin russe n'est pas un simple habit fonctionnel. Il est un langage. Chaque pièce, chaque motif brodé, chaque couleur choisie disait quelque chose : la région d'origine, le statut social, l'état civil, la profession, et même les croyances spirituelles de celui qui le portait. Un paysan de la région de Vladimir ne s'habillait pas comme un marchand de Novgorod, et le kaftan d'un boyard n'avait rien à voir avec le zipoun d'un artisan. Comprendre le costume masculin russe, c'est pénétrer au cœur de la civilisation russe elle-même.

Homme en costume traditionnel russe : kosovorotka blanche brodée, ceinture et bottes

Histoire du costume masculin russe

Les origines : la Rus' de Kiev (Xe-XIIIe siècle)

Les premières traces du costume masculin russe remontent à la Rus' de Kiev, cette fédération de principautés slaves orientales qui s'étendait de Novgorod à Kiev. Les chroniques et les fouilles archéologiques nous revellent un vestiaire déjà structure : une chemise longue (la future kosovorotka), un pantalon ample serré aux chevilles, et un manteau jeté sur les épaules. Les influences étaient multiples — scandinaves par les Varègues, byzantines par le commerce avec Constantinople, et nomades par les contacts avec les peuples des steppes.

Le lin et le chanvre constituaient les tissus de base pour l'immense majorité de la population. Les princes et leurs druzhinas (suivants armes) arboraient des vêtements plus élaborés, souvent importés de Byzance : soieries, brocarts, et les premières fourrures précieuses qui allaient devenir si emblématiques de la Russie. Déjà, à cette époque, l'histoire du costume russe témoigne d'une stratification sociale visible dans le vêtement.

La période mongole et la Moscovie (XIIIe-XVIIe siècle)

L'invasion mongole de 1237-1240 bouleversa la Russie, mais enrichit paradoxalement son vestiaire. Le kaftan, le zipoun, la chapka — autant de pièces qui trahissent une influence orientale profonde. Le costume masculin s'alourdit, se superposa en couches multiples, et prit cette silhouette ample et majestueuse que l'on associe aux boyards de la Moscovie. Les vêtements devinrent aussi plus colorés : les teintures orientales apportèrent des rouges, des bleus et des verts d'une intensité nouvelle.

Sous Ivan III puis Ivan le Terrible, le costume de cour atteignit un faste extraordinaire. Les ambassadeurs étrangers qui visitaient le Kremlin décrivaient avec stupéfaction ces boyards couverts d'or, de fourrures et de pierreries. Le costume était devenu un instrument politique : sa richesse manifestait la puissance du souverain et de son entourage.

La révolution de Pierre le Grand (1698)

Le 29 août 1698, Pierre Ier rentra à Moscou après son Grand Tour européen et, le lendemain même, saisit ses ciseaux pour couper les barbes de ses courtisans. Quelques semaines plus tard, un oukase impérial ordonnait l'adoption du costume à l'européenne pour toute la noblesse et l'administration. C'était une révolution vestimentaire sans précédent. Le kaftan russe devait céder la place à la justaucorps français, et la barbe patriarcale au visage rase.

Mais cette réforme ne toucha véritablement que les classes supérieures et les habitants des villes. Dans les campagnes, qui abritaient l'écrasante majorité de la population, le costume traditionnel survécut intact pendant encore deux siècles. Le paysan russe continua à porter sa kosovorotka, son kaftan de drap et ses lapti comme si rien ne s'était passé. Il faudra attendre la Révolution de 1917 et l'industrialisation forcée de l'URSS pour voir le costume traditionnel disparaître progressivement du quotidien.

Survie et Renaissance (XIXe-XXIe siècle)

Paradoxalement, c'est au moment où le costume traditionnel commençait à disparaître que les intellectuels russes prirent conscience de sa valeur. Le mouvement slavophile du XIXe siècle réhabilita le vêtement russe comme symbole d'identité nationale. Des artistes comme Viktor Vasnetsov et Ilia Repine le peigent avec passion. Des ethnographes parcoururent les villages pour documenter chaque variante régionale avant qu'il ne soit trop tard.

Aujourd'hui, le costume masculin russe connaît un regain d'intérêt remarquable. Les festivals folkloriques, les reconstitutions historiques, les mariages traditionnels et même certains couturiers contemporains puisent dans ce patrimoine une inspiration inépuisable. Héritage Russe fait partie de ces initiatives qui contribuent à faire vivre cette tradition.

Les pièces essentielles du costume masculin

Le costume traditionnel russe pour homme se composé de plusieurs couches superposées, chacune ayant une fonction précise. Cette structure en couches n'était pas un caprice esthétique : elle répondait aux exigences du climat continental russe, avec ses hivers glacials et ses êtes chauds. Voici un inventaire détaillé de chaque pièce.

Les pièces du costume masculin russe traditionnel : kosovorotka, chtany, kaftan, ceinture et lapti
Les pièces fondamentales du costume masculin russe traditionnel.
Pièce Description Matière Époque
Kosovorotka Chemise longue à col décalé sur le côté gauche Lin, coton XIIe-XXe s.
Chtany / Porty Pantalon ample à cordon de serrage Lin, laine Xe-XIXe s.
Kaftan Manteau long ajusté à la taille, boutonné devant Drap, brocart, velours XIVe-XVIIIe s.
Zipoun Veste courte ajustée portée sous le kaftan Drap, laine XVe-XIXe s.
Kouchak Ceinture tissée ou brodée, 2 à 4 mètres de long Laine, soie, fil d'or Xe-XXe s.
Lapti Chaussures tressées en écorce de tilleul Écorce de tilleul, bouleau Antiquité-XIXe s.
Chapka / Ouchanka Coiffe d'hiver en fourrure à rabats Fourrure, feutre, laine XVIe s.-auj.

La kosovorotka

Pièce fondamentale du costume, la kosovorotka était portée par tous les hommes russes, du moujik au tsar. Cette chemise longue, qui descendait jusqu'a mi-cuisse, se distinguait par son col décalé à gauche — une particularité unique en Europe. Confectionnée en lin blanc pour les jours ordinaires, elle pouvait être teinte en rouge ou ornée de broderies élaborées pour les fêtes. Nous y consacrons une section complète plus bas. Pour approfondir : Chemise russe homme : kosovorotka, gymnastiorka, roubakha.

Les chtany (pantalon)

Le pantalon traditionnel russe, appelé chtany ou porty, était une pièce d'une simplicité géniale. Taillé dans un lin écru ou une laine rustique, il était coupe très ample pour permettre une liberté de mouvement totale — indispensable pour les travaux agricoles. Un cordon de lin passé dans un large ourlet à la taille le maintenait en place. En hiver, les hommes portaient parfois deux pantalons superposés : un en lin contre la peau et un en laine par-dessus.

Le kaftan

Le kaftan est sans doute la pièce la plus spectaculaire du vestiaire masculin russe. Ce manteau long, ajusté à la taille et évasé vers le bas, se fermait par des boutons ou des boucles métalliques sur le devant. Son nom trahit son origine orientale (du persan khaftan), mais les Russes en firent un vêtement tout à fait original. Le kaftan paysan, en drap de laine brune ou grise, était sobre et fonctionnel. Le kaftan de cour, en brocart d'or double de zibeline, était un objet d'art à lui seul.

Le zipoun

Porté sous le kaftan, le zipoun était une veste courte ajustée qui servait de couche intermédiaire. Plus léger que le kaftan, il convenait aux saisons de transition. Les paysans le portaient souvent seul par temps doux, ce qui en faisait un vêtement polyvalent. Le zipoun était généralement fermé par des crochets métalliques et dépourvu de col.

Le kouchak (ceinture)

Aucun homme russe digne de ce nom ne serait sorti de chez lui sans sa ceinture. Le kouchak était bien plus qu'un accessoire pratique : c'était un objet chargé de symbolisme. Tissé ou brodé, long de deux à quatre mètres, il se nouait autour de la taille par-dessus la kosovorotka, créant cette silhouette blousée si caractéristique. La ceinture séparait symboliquement le haut du corps (domaine de l'ame et de l'esprit) du bas (domaine terrestre). Sortir sans ceinture, c'était littéralement être raspoyassanny — un mot qui signifie encore aujourd'hui en russe "débauche, sans retenue".

Les lapti

Les lapti sont peut-être la chaussure la plus emblématique de la Russie paysanne. Tressées en écorce de tilleul (ou parfois de bouleau, de saule ou d'orme), ces sandales légères étaient portées avec des onoutchi — de longues bandelettes de lin ou de laine enroulées autour du pied et du mollet pour protéger la peau et maintenir la chaussure en place. Une paire de lapti ne durait qu'une semaine environ lors des travaux des champs, ce qui obligeait chaque famille à en fabriquer des dizaines de paires par an. En hiver, les plus aisés portaient des valenki (bottes en feutre) ou des bottes en cuir.

La coiffe

La chapka, sous ses différentes formes, accompagnait l'homme russe selon les saisons et les circonstances. La touchanka en fourrure avec ses rabats protégeait contre les températures de -30 degrés. Le kartous, calotte de feutre ou de tissu, convenait aux saisons chaudes. Les boyards arboraient des gorlatnaiya chapka hautes et coniques, en fourrure précieuse, dont la taille indiquait le rang social — d'où l'expression russe "par-dessus la chapka" pour designer l'arrogance.

La kosovorotka : pièce maîtresse du vestiaire masculin

Si l'on devait résumer le costume masculin russe en une seule pièce, ce serait sans hésitation la kosovorotka. Cette chemise extraordinaire, dont le nom signifie littéralement "col de travers" (kosoy vorot), est un chef-d'œuvre de simplicité et de fonctionnalité qui a traversé les siècles.

Son patron est d'une élégance géométrique remarquable. Le corps est taillé dans un seul le de tissu, plié en deux, avec une ouverture pour la tête et une fente d'environ 20 centimètres décalée à gauche de la poitrine. Cette fente latérale n'est pas un caprice esthétique : elle empêchait la croix pectorale orthodoxe, portée par tout homme baptisé, de tomber à l'extérieur du vêtement pendant le travail. Des goussets triangulaires (lastovitsy) cousus sous les bras assuraient une aisance de mouvement parfaite. La chemise descendait jusqu'a mi-cuisse et se portait toujours par-dessus le pantalon, blousée au-dessus de la ceinture.

Les broderies de la kosovorotka n'étaient jamais purement décoratives. Chaque motif avait une fonction protectrice : les ornements au col, aux poignets et à l'ourlet "scellaient" les ouvertures du vêtement pour empêcher les mauvais esprits de pénétrer jusqu'au corps. Les motifs géométriques — losanges, croix, chevrons — représentaient le soleil, la terre, la fertilité ou l'eau. Les couleurs dominantes étaient le rouge (symbole de vie, de beauté et de protection) sur fond blanc (pureté). Pour approfondir les techniques ornementales, consultez notre guide sur la broderie slave.

La kosovorotka transcendait les classes sociales. Le paysan portait la sienne en lin écru, avec des broderies modestes en fil de coton rouge. Le marchand préférait un coton fin, avec des broderies plus élaborées. Le tsar lui-même portait une kosovorotka en soie, brodée de fils d'or et de perles. C'est cette universalité qui fait de la kosovorotka un vêtement si fascinant : elle était à la fois le dénominateur commun de tous les hommes russes et le reflet fidèle de leurs différences.

Du costume paysan au costume de cour

La distance entre le vestiaire d'un moujik et celui d'un boyard était un gouffre — non pas dans la structure des vêtements, qui restait remarquablement similaire, mais dans les matériaux, les ornements et la profusion des couches. Cette continuité structurelle est une particularité fascinante du costume russe : qu'il soit passé d'un prince ou d'un laboureur, le kaftan restait un kaftan. Seul ce dont il était fait changeait tout.

Le costume du paysan

Le moujik portait des vêtements confectionnés à la maison, exclusivement à partir de fibres cultivées ou récoltées localement. Le lin, le chanvre et la laine de mouton constituaient l'essentiel de sa garde-robe. Les couleurs étaient celles des teintures végétales disponibles : blanc écru du lin naturel, brun de l'écorce de chêne, rouge de la garance, bleu de l'indigo sauvage. Les broderies, exécutées par les femmes de la famille, suivaient des modèles transmis de génération en génération, chaque village ayant ses motifs distinctifs. Un paysan possédait en général deux kosovorotkas (une quotidienne, une pour les fêtes), un pantalon, un kaftan de drap, un zipoun, une ceinture tissée et plusieurs paires de lapti.

Le costume du marchand

Les marchands (kuptsy), enrichis par le commerce, se distinguaient par la qualité supérieure de leurs tissus et par l'abondance de leurs broderies. Leurs kaftans étaient taillés dans du drap fin importe d'Europe occidentale ou dans de la soie venue d'Orient. Ils portaient des bottes en cuir souple plutôt que des lapti, et leurs ceintures étaient tissées de fils de soie. Le costume du marchand représentait un compromis entre la tradition russe et l'envie de montrer sa prospérité.

Le costume de cour (boyards)

Le vestiaire d'un boyard du XVIIe siècle était un trésor. Par-dessus la kosovorotka de soie, il enfilait un zipoun en brocart, puis un kaftan en velours brodé de fils d'or, et par-dessus encore un ferezi ou un ohaben — amples manteaux de cérémonie aux manches si longues qu'elles traînaient au sol. Le tout était ceint d'une ceinture en soie entrelacée de fils d'or et d'argent, fermée par des agrafes en métaux précieux parfois ornées de rubis ou d'émeraudes. La chapka en fourrure de zibeline ou d'hermine complétait l'ensemble. Un tel costume pouvait peser huit à dix kilogrammes et valoir une fortune — parfois l'équivalent du prix d'un village entier avec ses serfs.

Les tissus les plus précieux arrivaient par la Route de la Soie ou par les comptoirs vénitiens et génois de la mer Noire : brocarts d'or italiens, soieries persanes, velours ottomans. La Russie importait également des fourrures rares de Sibérie — zibeline, hermine, renard bleu — qui servaient à doubler les kaftans de cour et à confectionner des cols et des manchettes d'une somptuosité inouïe.

Confectionner un costume masculin russe

Réaliser soi-même un costume traditionnel russe est un projet passionnant et tout à fait accessible, même pour un couturier débutant. L'une des beautés du vêtement traditionnel russe est la simplicité géométrique de ses patrons : pas de courbes complexes, pas de pinces élaborées, mais des formes droites assemblées avec logique. Voici les bases pour se lancer.

Détail de la kosovorotka russe : col asymétrique, broderie rouge et or au point de croix, ceinture tissée
Détail d'une kosovorotka brodée au point de croix avec sa ceinture tissée traditionnelle.

Choisir les tissus

Pour la kosovorotka, privilégiez un lin blanc ou écru de poids moyen (150-200 g/m2). Le lin est le tissu historiquement correct et il a l'avantage d'être frais en été et de se bonifier au lavage. Un coton épais peut constituer un substitut acceptable. Pour le pantalon, un lin naturel ou une toile de coton épaisse feront l'affaire. Le kaftan demande un tissu plus lourd : drap de laine, toile épaisse ou, pour un costume de reconstitution plus élaboré, un brocart.

La kosovorotka : patron et montage

Le patron de la kosovorotka est étonnamment simple, comme nous l'expliquons en détail dans notre article sur la confection des vêtements russes traditionnels. Découpez un rectangle principal de 70 cm de large sur une longueur égale à deux fois la distance épaule-mi-cuisse. Pliez-le en deux : le pli constitue la ligne d'épaule. Découpez une encolure arrondie et une fente de 20 cm décalée à gauche. Ajoutez deux rectangles pour les manches (largeur du tour de bras plus 10 cm d'aisance, longueur du bras plus 5 cm), et quatre triangles pour les goussets d'aisance. Assemblez le tout à la main au point arrière ou à la machine, en laissant des surplus de couture généreux.

La broderie

Les broderies se placent à l'encolure, sur la patte de boutonnage, aux poignets et à l'ourlet. Le point de croix est la technique la plus courante, avec des motifs géométriques en fil rouge sur fond blanc. Commencez par des motifs simples — bordures en zigzag, losanges emboîtés, petites croix répétées — avant de vous lancer dans des compositions plus ambitieuses. Le fil de coton mouliné DMC en rouge (n°321 ou 498) donne un résultat très fidèle à l'original.

La ceinture

Une ceinture tissée traditionnelle mesure au minimum 2 mètres de long et 3 à 5 centimètres de large. La technique la plus accessible est le tissage aux tablettes (ou aux cartons), qui permet d'obtenir des motifs géométriques complexes avec un équipement minimal. Utilisez du fil de laine ou de coton en rouge, blanc et parfois bleu ou vert. La ceinture se noue à gauche de la taille, avec les franges pendantes.

Conseils pratiques

  • Lavez et repassez votre lin avant de le couper : il rétrécit de 5 à 10 % au premier lavage.
  • Brodez avant d'assembler les pièces — c'est beaucoup plus facile sur un tissu à plat.
  • Pour un rendu authentique, utilisez des boutons en bois ou en os plutôt qu'en plastique.
  • La kosovorotka doit être assez longue pour couvrir les hanches : elle se porte blousée au-dessus de la ceinture.

Le costume masculin russe dans les cérémonies

Le costume traditionnel prenait toute sa splendeur lors des grandes occasions de la vie russe. Les fêtes religieuses, les mariages, les naissances et même les funérailles avaient chacun leurs exigences vestimentaires précises, codifiées par des siècles de tradition.

Le mariage traditionnel

Dans les mariages traditionnels russes, le costume du marié revêtait une importance particulière. La kosovorotka de noces était la plus belle que l'homme possédait : brodée par sa fiancée ou par sa mère, elle était ornée de motifs symbolisant la fertilité, la prospérité et la protection du couple. Le rouge dominait, car c'était la couleur de la joie et de la beauté (krasny signifie à la fois "rouge" et "beau" en vieux russe). Le marié portait également une ceinture neuve, souvent tissée par la fiancée elle-même comme gage d'amour, et des bottes neuves en cuir souple. Aujourd'hui encore, les échanges culturels franco-russes perpétuent cette fascination pour les traditions slaves, comme en témoigne ce dossier sur la culture et les traditions des femmes russes.

Les fêtes religieuses

Les grandes fêtes orthodoxes — Pâques, Noël, la Maslenitsa — exigeaient que chacun porté ses plus beaux habits. La kosovorotka du dimanche, soigneusement conservée dans un coffre en bois, était sortie et repassée. Le kaftan des fêtes, en drap teint et décoré, remplaçait le kaftan quotidien. Même les lapti étaient neufs ou du moins fraîchement tressés. L'effort vestimentaire était un acte de dévotion : se présenter à l'église dans des vêtements négligé aurait été une offense à Dieu.

Les rites de passage

Le premier pantalon, la première ceinture, les premières bottes : chaque étape de la vie masculine était marquée par l'acquisition d'une nouvelle pièce vestimentaire. Le jeune garçon passait de la longue chemise d'enfant au costume complet d'homme à l'occasion d'un rite initiatique, généralement vers l'âge de douze ou quatorze ans. Ce passage était célèbre en famille, et les vêtements offerts à cette occasion étaient conserves toute la vie, parfois transmis aux fils aînés.

Pour approfondir votre connaissance des traditions vestimentaires et culturelles slaves, consultez ce dossier sur les traditions et la culture slave.

Le costume de deuil

Le deuil avait également ses codes vestimentaires. Les couleurs vives étaient proscrites : l'homme endeuillé portait des vêtements sombres — noirs, gris foncé ou bleu nuit. La ceinture, habituellement rouge ou multicolore, était remplacée par une ceinture noire ou blanche. Les broderies festives cédaient la place à des ornements sobres. La durée du deuil vestimentaire variait selon le degré de parenté : un an pour un parent proche, quarante jours pour un voisin ou un ami.

Pour un panorama complet du vestiaire masculin russe en 2026 (kosovorotka, valenki, papakha, ouchanka, ceinture cosaque) avec les prix actuels et les bonnes adresses, consultez le guide vêtement russe homme 2026 sur heritagerusse.fr qui complète cet article par une approche pratique de l'achat contemporain.

Dans les danses folkloriques russes, les hommes portent la kosovorotka et les costumes régionaux qui mettent en valeur toute la richesse du patrimoine textile slave — un spectacle vivant à découvrir en France en 2026.

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Questions fréquentes

Quelles sont les pièces principales du costume traditionnel russe pour homme ?

Le costume masculin russe se composé de six pièces essentielles : la kosovorotka (chemise à col asymétrique), les chtany ou porty (pantalon ample en lin), le kaftan (manteau long ajusté), le zipoun (veste courte portée sous le kaftan), le kouchak (ceinture tissée ou brodée) et les lapti (chaussures en écorce de tilleul). Selon la saison, on y ajoutait une chapka en fourrure ou une calotte de feutre.

Qu'est-ce qu'une kosovorotka et comment la reconnaître ?

La kosovorotka est la chemise traditionnelle russe pour homme. Son nom signifie littéralement "col de travers" (kosoy vorot). Elle se distingue par son ouverture décalée sur le côté gauche de la poitrine, contrairement aux chemises occidentales à ouverture centrale. Généralement confectionnée en lin blanc ou en coton, elle est ornée de broderies rouges au col, aux poignets et à l'ourlet. Elle se porte par-dessus le pantalon, blousée au-dessus de la ceinture.

Pourquoi les hommes russes portaient-ils une ceinture (kouchak) ?

Le kouchak avait une triple fonction. Pratique d'abord : il maintenait la kosovorotka blousée à la taille et servait de pochette pour y glisser outils ou monnaie. Symbolique ensuite : sortir sans ceinture était considéré comme indécent et déshonorant — le mot russe raspoyassanny (sans ceinture) signifie encore aujourd'hui "débauche". Spirituelle enfin : la ceinture protégeait contre les mauvais esprits en "ceignant" l'homme d'un cercle protecteur ininterrompu.

Qu'est-ce que les lapti, les chaussures traditionnelles russes ?

Les lapti sont des chaussures tressées en écorce de tilleul (ou parfois de bouleau) qui constituaient la chaussure quotidienne du paysan russe pendant des siècles. Légères et respirantes en été, elles étaient portées avec des onoutchi — de longues bandelettes de tissu enroulées autour du pied et du mollet. Une paire de lapti ne durait qu'environ une semaine de travail aux champs, ce qui obligeait chaque famille à en fabriquer des dizaines de paires par an.

Comment confectionner un costume masculin russe ?

Commencez par la kosovorotka : choisissez un lin blanc ou écru de poids moyen, découpez un patron en forme de T avec une fente de 20 cm décalée à gauche du col, et ajoutez des broderies au point de croix en fil rouge aux emplacements traditionnels (col, poignets, ourlet). Pour le pantalon, utilisez un lin naturel coupe ample avec un cordon de serrage à la taille. Complétez avec une ceinture tissée d'au moins 2 mètres de long. Les patrons traditionnels utilisent des formes géométriques simples (rectangles et triangles), ce qui les rend accessibles aux couturiers débutants.

Quelle est la différence entre le costume paysan et le costume de cour ?

La structure restait similaire — kosovorotka, pantalon, kaftan, ceinture — mais les matériaux et les ornements différaient radicalement. Le paysan utilisait des fibres locales (lin, chanvre, laine) teintes avec des pigments végétaux et ornées de broderies en fil de coton. Le boyard portait des tissus importés (soie, brocart d'or, velours), des broderies en fils d'or et d'argent, des fourrures précieuses (zibeline, hermine) et parfois des pierres semi-précieuses. Un kaftan de cour pouvait peser dix kilogrammes et valoir le prix d'un village.

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